Target Malaria au Burkina Faso : le drame évité

Le Burkina Faso faisait partie des pays africains retenus pour le projet Target Malaria, une initiative internationale visant à utiliser des moustiques génétiquement modifiés pour lutter contre la propagation du paludisme Principalement financé par des fondations américaines notamment la Fondation Bill & Melinda Gates et Open Philanthropy.

Après des années de recherche et de tests, dont un premier lâcher expérimental de moustiques stériles en 2019, le pays était devenu un terrain pilote pour cette approche biotechnologique inédite en Afrique.

L’objectif affiché était clair : réduire drastiquement la population de moustiques vecteurs de la maladie et, par ricochet, sauver des milliers de vies. Mais très tôt, ce projet a suscité méfiance et contestations, tant au niveau de la société civile que de certaines organisations locales.

La révolte des coalitions

Parmi les voix les plus critiques, on retrouve la Coalition de veille sur les activités biotechnologiques au Burkina Faso. Ses membres ont multiplié communiqué, plaidoyers, conférence de presse dénonçant un projet perçu comme risqué, opaque et potentiellement dangereux pour l’environnement et la santé humaine.

L’activiste Aly Tapsoba a notamment rappelé que des expériences similaires avaient été menées au Brésil, avec des millions de moustiques OGM relâchés pour combattre la dengue. Or, selon lui, cette initiative n’avait pas porté ses fruits : « Les Brésiliens ont arrêté parce qu’ils ont compris que la dengue ne s’arrêtait pas », confie-t-il.

conférence de presse de la Coalition de veille sur les activités biotechnologiques au Burkina

Pour les coalitions, le Burkina risquait d’être transformé en laboratoire grandeur nature, sans garanties suffisantes sur les conséquences à long terme. Elles appelaient donc les autorités à privilégier des approches alternatives de lutte contre le paludisme.

L’annonce de la fin du projet et ses implications

Dans un communiqué officiel ce 22 Aout 2025, le gouvernement burkinabè a annoncé l’arrêt du projet Target Malaria sur son territoire. Cette décision marque une victoire pour les mouvements citoyens qui se battaient depuis des années pour mettre fin à ce programme.
Si le projet avait continué, estiment plusieurs observateurs, le pays aurait pu faire face à des conséquences imprévisibles surtout des risques d’émergence de nouvelles résistances chez les moustiques.
En choisissant de mettre un terme à Target Malaria, le gouvernement envoie un signal fort : la santé publique et la souveraineté nationale priment sur les expérimentations incertaines. Mais ce choix renforce également la nécessité de trouver des solutions efficaces, durables et socialement acceptées pour lutter contre le paludisme, qui continue de tuer chaque année des milliers de Burkinabè.

Lire le communiqué : https://lefaso.net/?id_article=140264&page=impression&utm

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