
La Guinée, comme beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, fait face à plusieurs défis agricoles majeurs. Le changement climatique se manifeste par des sécheresses, des inondations et une variabilité accrue des pluies qui fragilisent les sols et rendent les rendements incertains.
La dépendance aux intrants chimiques importés, souvent coûteux et peu accessibles, constitue un autre problème, tout comme leurs effets négatifs sur la santé humaine et l’environnement. À cela s’ajoutent les enjeux de sécurité alimentaire puisque de nombreuses communautés rurales vivent de cultures vivrières et n’ont pas toujours les moyens d’acheter les intrants nécessaires. Face à ces difficultés, l’utilisation des ressources locales devient essentielle pour restaurer la fertilité des sols, protéger la biodiversité et renforcer la résilience des paysans.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’initiative de formation de 170 paysans à la fabrication des bio-intrants. Portée par le centre d’incubation agricoles de Guinée CEDA avec l’appuie de ACCORD ET CCFA , cette action s’inscrit dans un mouvement plus large de promotion de l’agroécologie en Guinée.
Ces produits, issus de matières locales comme le compost, le fumier ou encore les extraits de plantes, constituent une alternative durable aux intrants chimiques. Ils permettent de nourrir les sols, de protéger les cultures contre les maladies et les ravageurs et de réduire les coûts de production. L’agroécologie dont la fabrication de bio-intrants est un pilier contribue ainsi à une agriculture plus respectueuse de l’environnement et plus autonome.
Grâce à leur accompagnement, 170 paysans guinéens ont été initiés aux pratiques agroécologiques à travers des modules pratiques de fabrication de bio-intrants à base de produits locaux. Les participants ont appris à identifier et collecter les matières nécessaires, à préparer des composts, des purins et des décoctions de plantes, et à les appliquer dans leurs champs. Ils ont également été sensibilisés à l’importance de la biodiversité, des rotations culturales et de la gestion durable des ressources en eau et en sols. Cette approche vise à donner aux paysans les moyens d’améliorer leurs rendements tout en préservant leur environnement et leur santé.
Toutefois, les organisateurs estiment que l’accompagnement ne doit pas etre à court terme parce que tous les paysans n’adoptent pas immédiatement à court terme. L’accompagnement continu, le suivi technique et le partage d’expériences seront donc essentiels pour assurer la pérennité et l’efficacité de ces pratiques.

Le centre d’incubation agricole de Guinée, connu sous le nom de CEDA (Centre d’Incubation Agricole), est une organisation qui vise à former et accompagner les jeunes pour en faire des agripreneurs, transformant ainsi le secteur agricole en un moteur de développement économique et social. Le CEDA offre des formations en entrepreneuriat et en techniques de production agricole, ainsi qu’un accompagnement pour l’accès aux terres et au financement des projets.